Longtemps, l’homme a jeûné, surtout à la fin de l’hiver quand les réserves récoltées les saisons précédentes étaient épuisées. Il en a toujours été ainsi, c’est vrai… Mais ce n’est plus le cas dans nos contrées riches en supermarchés et restaurants. Aujourd’hui, nous pouvons manger des fraises, de la viande, du poisson, tous les légumes  imaginables, à n’importe quelle période de l’année. Nous ne craignons plus pour notre survie alimentaire.

C’est même l’inverse, la proportion de personnes en surpoids est effarante, j’ai l’âge de me rappeler que quand j’étais gamine, elles étaient rares et ne concernaient que des gens âgés en règle générale. Depuis des années, je cherche à savoir pourquoi, effarée de cette situation au point d’imaginer un complot mondial qui chercherait à rendre les gens malades du fait de trop ou mal manger. Voyez, chacun son complot…

Le jeûne m’intéresse

Je me suis toujours préoccupée de ma santé mentale mais aussi physique, persuadée que la nourriture en était la base. Petit à petit, je me suis dit que faire un jeûne pourrait être une expérience intéressante pour nettoyer mon corps et mes organes de 53 ans à l’époque. Je relate cette expérience dans l’article qui suit.

Après cette première expérience très bénéfique il y a 2 ans, j’ai eu envie de recommencer cette année en emmenant avec moi un groupe de 10 personnes décidées à sortir de leur zone de confort et prendre ce « grand risque » : Le jeûne de 5 jours. Pourquoi je parle de grand risque ? Parce que partir pour un tel stage donne peur de mourir, de ne pas y arriver… Alors c’est vrai, le premier jeûne fait peur, mais après, on n’a plus peur de rien (ou presque).

J’ai voulu écrire quelques articles sur le sujet pour aider mes coéquipiers à mieux comprendre ce qui va leur arriver mais aussi parce que de nombreuses personnes sont intéressées par le sujet. Voici mon éclairage.

Le corps gère les entrées et les sorties et le stockage

Il est capable de se concentrer sur la mise en réserve OU sur la dépense d’énergie, mais pas sur les deux à la fois. Si je mange souvent, mon corps emmagasine de l’énergie sous forme de graisse. Si je mange moins souvent, mon corps a du temps pour utiliser la graisse stockée.

Dès que la nourriture franchit mes lèvres, mon corps commence son travail et entreprend de la transformer en énergie cellulaire. Si je mange trop souvent, je me sens affamée, fatiguée et déprimée, le système est déséquilibré car je ne peux pas être en mode digestion en continu, mon corps a besoin de repos pour se régénérer.

Le système endocrinien du corps comprend un vaste réseau de glandes qui libèrent des hormones dans le flux sanguin afin de réguler toutes les fonctions corporelles. Sont concernés le sommeil, le métabolisme (la conversion de la nourriture en énergie pour le fonctionnement des cellules, la reproduction, l’humeur et la faim. Les hormones sont des substances naturelles qui agissent comme des messagers chimiques entre les différentes parties du corps.

Quand on mange, le pancréas sécrète l’insuline. Cette hormone indique au reste du corps que la nourriture est disponible afin d’être transformée en énergie ou stockée pour des besoins futurs.

Le corps emmagasine l’énergie sous deux formes : le sucre et le gras

Dans le corps, le sucre est disponible pour fournir rapidement de l’énergie, alors que le gras est mis en réserve, prêt à être utilisé si notre corps ne dispose pas de sucre.

Pour ce qui est du sucre, l’une des façons les plus simples de faire grimper votre glycémie (taux de sucre dans le sang) est de manger des glucides. Lorsqu’on en mange, une partie est utilisée par les cellules des reins, du foie et du cerveau. S’il y a un surplus, ils seront emmagasinés dans le foie sous forme de glycogène.

La graisse est une autre façon de stocker l’énergie. Si nous mangeons des gras alimentaires, les molécules de graisse, les triglycérides, sont absorbées directement par la circulation sanguine et dirigées vers les cellules adipeuses spécialisées dans le stockage des lipides.

Si nous consommons trop de glucose et dépassons la capacité de notre corps à l’emmagasiner dans le foie sous forme de glycogène, ce dernier convertira le glucose en triglycérides qui nourriront les cellules adipeuses.

Rôle de l’insuline

L’insuline est l’hormone qui indique à votre corps qu’il est temps de convertir la nourriture en énergie. Elle contrôle aussi le taux de glucose dans le corps, s’assurant qu’il ne grimpe pas ou ne chute pas exagérément. Elle aide le corps à libérer le glucose du sang afin de l’emmagasiner dans le foie sous forme de glycogène, ou dans le corps sous forme de graisse selon les besoins. Comme le corps a besoin de graisse pour assurer sa protection, maintenir sa température et fournir de l’énergie en cas de famine, l’insuline empêche également de puiser trop d’énergie dans la graisse.

Les problèmes commencent, lorsque votre pancréas est surchargé et sécrète trop d’insuline. Comment cela se produit-il ? Tous les aliments, protéines, lipides et glucides, vont stimuler la production d’insuline mais il y a des aliments plus efficaces que d’autres pour stimuler l’insuline. Les plus néfastes à cet égard sont les glucides raffinés, tels que le pain, les boissons sucrées, les gâteaux et les biscuits. Si on consomme beaucoup de sucre ou d’aliments riches en glucides, et trop souvent, le taux d’insuline est constamment trop haut.

Un taux élevé d’insuline indique au corps de continuer à emmagasiner l’énergie alimentaire, ce qui nous empêche de brûler nos réserves de graisse. Après un certain temps, lorsqu’une trop grande quantité d’insuline envahit votre organisme, les cellules de votre pancréas responsables de la produire ne réagissent plus. Le taux de glycémie augmente, s’il reste élevé, vous pouvez désormais vous considérer comme l’une des cinq cents millions de personnes atteintes de diabète de type 2 dans le monde.

Les risques d’un taux élevé d’insuline

Lorsque vous prélevez des cellules cancéreuses des tissus d’un sein, il est assez facile de les faire évoluer en laboratoire. Si vous y ajoutez du glucose, du facteur de croissance épidermique et de l’insuline, elles prolifèrent rapidement. Si ensuite vous en retirez l’insuline, elles meurent. Soyons clair : les cellules cancéreuses du sein prolifèrent en présence de taux élevé d’insuline, mais elles meurent sans insuline. Qu’est-ce qui peut aider à abaisser le taux d’insuline ? Le jeûne.

L’obésité est un facteur de risque majeur du cancer. Qu’est-ce qui peut vous aider à perdre du poids ? Le jeûne. Lorsque l’insuline demeure trop élevée trop longtemps, le corps emmagasine plus de graisse que nécessaire. Les cellules deviennent surchargées de glucose et résistantes à l’insuline. Quand vous vous abstenez de manger, votre taux d’insuline diminue et reste bas.

Pourquoi le jeûne peut vous aider ?

Parce qu’il maintient l’équilibre de vos hormones. C’est plus qu’une diète, il agit en faisant une sorte de « reset » de vos organes, il réinitialise vos fonctions corporelles internes, leur permettant de brûler la bonne quantité d’énergie afin de vous garder en vie.

Quand on ne mange pas (donc qu’on jeûne), le taux d’insuline chute, ce qui indique au corps qu’aucune nourriture n’est disponible. Pour survivre, les cellules se servent alors dans la réserve d’énergie emmagasinée soit sous forme de glycogène dans le foie, soit sous forme de graisse dans les cellules adipeuses. Le secret est de contrôler sa faim, pour y parvenir, il faut manger des aliments qui augmentent nos hormones de satiété et tiennent l’insuline à distance.

Le jeûne induit l’autophagie, un processus qui aide le corps à se nettoyer des composants cellulaires trop vieux ou endommagés. Il signifie donc littéralement « se manger soi-même ». L’autophagie est une forme de nettoyage cellulaire, lorsque tous les composants défectueux ou malades ont été éliminés, le corps peut commencer le processus de renouvellement.

Quid de la faim quand on jeûne ?

La ghréline est une hormone produite par l’estomac et le pancréas, elle a pour rôle de stimuler l’appétit, à l’inverse de la leptine qui, elle, contrôle l’effet de satiété. La ghréline atteint trois sommets distincts, qui correspondent au dîner, au souper et au déjeuner du lendemain.

Nous sommes habitués à prendre trois repas par jour, donc nous ne ressentons la faim que « parce qu’il est l’heure de manger ». Mais si vous ne mangez pas à ces moments précis, la ghréline n’est pas en hausse continuelle.

Après la première vague de faim, celle-ci s’apaise et s’estompe d’elle-même environ après deux heures sans nourriture. Si vous ignorez tout simplement la faim, elle disparaîtra. Après 24 heures de jeûne, le taux moyen de ghréline diminue, ce qui signifie que ne rien manger pendant une longue période vous rend moins affamé. Cela est vrai aussi pour des jeûnes prolongés.

Aujourd’hui, on ne nous encourage plus à manger seulement trois fois par jour. Beaucoup mangent maintenant six fois par jour, ou plus. Les taux de d’insuline et de ghréline sont trop hauts trop longtemps. C’est néfaste pour votre corps.

Concrètement

Le jeûne offre une solution unique pour rééquilibrer ses hormones, renouveler ses organes et mincir ! Vous pouvez commencer par augmenter le temps entre 2 repas progressivement, surtout ne pas grignoter et bouger un peu plus chaque jour…

Marie Bertolotti
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