Toutes les grandes traditions spirituelles insistent sur l’importance de la marche. Pourquoi ?
Parce qu’à force de vagabonder, notre esprit change. Qu’on le fasse en conscience ou pas, c’est un exercice spirituel, les grands maîtres étaient tous des marcheurs (Le Christ, Bouddha, Gandhi…). Demandez à ceux qui ont fait Compostelle : Leur vie a basculé.

Je marche vers moi

La marche est à la portée de tout individu et chaque pas est une découverte vers un nouveau paysage. La nature réserve sa beauté à ceux qui en payent le prix, elle permet de se reconnecter à soi, à son corps et à ses émotions, à la vie animale et végétale.
Marcher procure un sentiment d’émerveillement et de gratitude, nous permettant de voir ce que, par habitude, nous ne regardons plus.

La nature nous donne ce sentiment profond de n’avoir plus besoin de rien, au contraire de la société de consommation qui nous pousse à désirer sans cesse ou à convoiter des biens matériels pour combler nos manques. Tous ces plaisirs « facilement » accessibles ne font que satisfaire temporairement nos besoins et nous laisse, après quelques temps, dans un immense sentiment de frustration. Pourquoi ? Parce qu’une fois un désir comblé, nous allons rapidement convoiter un autre bien, créant une course sans fin. Il suffit de regarder un enfant à qui l’on offre un cadeau, ses parents ont la réelle volonté de lui faire plaisir mais l’enfant va associer le bonheur au fait de recevoir quelque chose de l’extérieur. Après quelques années d’application de cette méthode, cela devient une croyance : Le bonheur ne résulte que de cadeaux ou de bien matériel extérieur à lui-même.

Ces illusions nous empêchent de vivre la vie que nous souhaitons au plus profonde de nous-mêmes. La vérité est que la joie vient de l’intérieur et qu’en marchant je la retrouve.

Comment marcher ?

Avec des chaussures

Pas forcément. Mécaniquement, avec des chaussures, vous posez le talon en premier et vous y mettez tout votre poids. Si vous tapez fort, ça cogne jusqu’en haut de la colonne vertébrale, vous blessez votre organisme.
Expérience : Faites 10 pas en chaussures, observez les sensations au niveau du talon et refaites-le pointe du pied en avant :
Psychologiquement, en posant le talon en premier, vous faites monter le yang, cela vous rend plus agressif.
Observez les armées de soldats… Leur but est de faire peur.
De plus, très souvent, avec nos godillots, nous marchons la tête baissée, réfugiés dans nos pensées, nous nous coupons de notre environnement. Ce n’est pas vraiment judicieux.

Sans chaussures

Là,  vous êtes plus vigilant, conscient. Quiconque s’est déjà cogné un orteil me comprendra.
Pieds-nus, la pointe se pose en premier : Vous tâtez l’endroit doucement avant d’y mettre tout votre poids. Cela va agir sur vos sens, la vue, l’audition, la perception de l’environnement, vous serez attentif. Tel le chasseur amazonien, votre regard est à l’horizontal, il balaye l’horizon, vous êtes dans le présent, à l’affût.
Vous déambulez de façon souple et légère. Le poids sur la jambe arrière, la marche pointe en avant est plus tonique, plus circulatoire, elle fait travailler les méridiens.
Marcher sans chaussures est une manière d’Être silencieuse, respectueuse, plus à l’écoute, plus aimante.

Progression dans la manière de marcher en solitaire

  1. Développer la conscience du corps, sentir les muscles, les douleurs, les tensions, les déséquilibres extérieurs et intérieurs.
  2. Travailler les sens, l’ouïe, la vision, le toucher (la plante, l’arbre), l’esquive de branche, le plaisir et donc l’émerveillement.
  3. Ressentir l’énergie, le Qi, dans le ventre et dans les mains, sentir le lien avec le reste de l’environnement, les arbres, les rochers…
  4. Conscientiser ses états mentaux et émotionnels. Les ressentir, les évacuer, vous avez le pouvoir sur vous-même.
  5. Travailler l’équilibre intérieur / extérieur en étant complètement présent aux 2. Être à la fois dedans et dehors.
  6. Rayonner, se comporter comme si on était un soleil qui diffuse de la bienveillance sur tout ce qu’il rencontre.
  7. Se mettre en harmonie avec l’univers et la nature.

Bien évidemment, il faudra cheminer bien plus qu’une petite demi-heure pour se transformer en profondeur et faire ce travail de conscience. A quand votre prochaine grande marche ?

Tiré de l’enseignement donné au Cercle Taoïste Lyon

Michel et Marie Bertolotti

desirdetre.com