Comment doit-on combattre ?

Le combat

Un combat est un contrat qui oblige 2 personnes à l’honorer. Dès lors, une prise de position combative nous fait rentrer dans le contrat avec les dégâts qui suivront forcément. Dans un conflit, il faut être 2 et il y a toujours 2 perdants : Je blesse ou je suis blessé.
La vraie noblesse est d’être supérieur à celui que vous étiez.

Le véritable guerrier connait les conséquences de la guerre et préférera perdre plutôt qu’humilier.
Bruce Lee expliquait : « Mieux vaut fuir que combattre, mieux vaut laisser l’autre avec son égo ».

Le combattant

Un bon guerrier sait que la colère est dangereuse pour sa survie.
Dans l’émotion d’un affrontement, je n’ai plus conscience de tous les paramètres, de la cause, des conséquences, je m’expose et donc, je peux mourir.

Le combattant habile est calme, il a la tête froide, il est sans violence, sans émotions et sans haine. Il va alors limiter les risques et les dégâts. Il sait que s’il arrive à mettre l’adversaire en colère, à niveau égal, il remportera le combat.

En cas de combat, le sage accepte l’humiliation

Comment ? En acceptant de perdre, en se mettant à genoux. Le conflit, quel qu’il soit, ne pourra pas perdurer s’il se soumet. Cela évitera l’escalade de la violence et la vengeance. Il est toujours très dangereux d’humilier un ennemi surtout s’il a beaucoup d’égo.

Mon intuition me dira aussi si je dois lâcher, ou pas, un combat. Quand l’autre ne peut pas changer, il vaut mieux perdre la face pour l’apaiser.  Par contre, si je sens qu’il est à la limite du changement, je combats, mais alors je suis à son service, mon but n’est pas de prouver que j’ai raison mais de le faire grandir.

Chercher à avoir confiance en soi est une erreur, il vaut mieux chercher l’humilité,  c’est à dire apprendre à perdre. Chaque fois que je gagne, mon ego se développe. L’apprentissage vers la sagesse est dans la défaite. Quand on simule l’humilié, on forge notre esprit.

Faut-il vraiment gagner ?

Il faut intégrer que gagner un combat ne dépend pas que du physique, de l’entrainement, ça dépend aussi des lois de l’univers. Si j’ai une leçon à apprendre, rien n’y fera, je perdrai.

S’entretenir pour battre l’autre est vain, je trouverai  toujours plus fort que moi. Mieux vaut chercher à être Soi.  Qu’est-ce que je veux obtenir en améliorant mes capacités ? Si c’est pour être autonome, être bien, pas de soucis, si c’est pour battre l’autre, c’est-à-dire valoriser mon ego, ça ne sert à rien.

Le vrai gagnant est celui qui n’entre pas dans l’arène, qui ne va pas au conflit, qui est  capable de sentir qu’il pourrait y aller et qui, pour autant, n’y va pas.
Ce n’est jamais acquis, cela demande beaucoup de vigilance, c’est ainsi que le sage développe sa spiritualité.

Je peux grandir dans la défaite car plus je progresse spirituellement plus je sais que je suis petit.  La vie est un jeu sans gagnant et sans perdant, juste des expériences avec des enseignements à tirer. Nous devons faire en sorte de continuer le jeu avec plaisir et décliner les provocations. Sourire est plus difficile que se battre, le sage peut être lâche, sans problèmes.

Principes martiaux si je dois me battre :

  1. Ne pas se trouver dans cette situation
  2. S’enfuir
  3. Si ce n’est pas possible, faire semblant d’avoir peur. Ne pas regarder l’autre dans les yeux.
  4. Si ce n’est pas possible, s’approcher très près, frapper très rapidement, de façon à ce que l’autre ne voit rien et ne puisse pas comprendre la technique.
    Plus je m’approche moins il la voit.

 

« Même si la lame d’un couteau est aiguisée,
comment pourrait-elle vous blesser si vous ne la touchez pas ? »

 

 

Tiré de l’enseignement donné au Cercle Taoïste Lyon

Marie Bertolotti

desirdetre.com

 

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5 Responses to “Comment doit-on combattre ?”
  1. Superbe article ! En plus, vu que je ne sais pas me battre – et ne le veut pas non plus – je peux toujours sortir cette phrase de Bruce Lee : « Mieux vaut fuir que combattre, mieux vaut laisser l’autre avec son égo ». 😀

    Celle-ci est pas mal non plus : « La vraie noblesse est d’être supérieur à celui que vous étiez, pas à l’autre. »

    J’ai toujours été plus ou moins attiré par les arts martiaux, parfois plus, parfois moins. Plus jeune, je regardais avec fascination les films d’action où il y a plein de bastons. Ce que je cherchais vraiment – même si je ne le savais pas encore – ce n’était pas d’être plus fort que l’autre mais, comme le dit la phrase plus haut, être plus fort que moi-même, ce  » moi  » qui nous met en colère, nous fait perdre le contrôle de ce que nous sommes, comme si nous devenions quelqu’un – ou quelque chose – d’autres. À ce moment nous perdons nos valeurs, nos espoirs, notre regard bienveillant sur l’autre et sur nous-même. À ce stade, je crois que le mieux qu’il puisse nous arriver est de se faire blesser dans le combat, sinon physiquement, au moins à travers l’égo en perdant de façon ridicule. Au moins, ce sera une bonne leçon, car, gagner le combat à ce moment-là serait, à mon sens, une lourde défaite. D’une part cette victoire nous placerait pas aussi bien en face la réalité de ce que nous venons de faire que si nous perdions, d’autres part, nous ajouterions les blessures de l’autre à notre conscience. C’est une blessure dont on guérit moins bien que les souffrances de l’égo, c’est pourquoi je préfère ces dernières.

    En somme, je voulais apprendre les arts martiaux pour apprendre à ne pas me battre avec noblesse. Ainsi habitué aux conditions du combat j’aurais pu concentrer mon énergie à écouter l’autre afin de mieux l’aider, le comprendre et le calmer. Quand nous ne sommes pas habitués à combattre, ce qu’il y a de dramatique ce n’est pas que nous risquons fortement de perdre le combat, c’est que nous risquons de perdre la disposition qui nous offre la possibilité d’aider l’autre, momentanément, dans son combat intérieur. C’est sans doute là une technique difficile à acquérir.

  2. Bonjour Marie,

    Eh bien c’est un plaisir de venir ici voir et commenter vos articles. Ils apportent la sagesse par petite touche et ça me plaît bien.

    Mon prénom c’est Samuel.

    Bonne journée. 🙂

  3. Excellent article. Cela me rappelle « l’art de la guerre » de Sun Tsé, le meilleur ouvrage de stratégie de tous les temps

  4. Dans toute compétition il y a 2 morts.
    Le 1er c’est le « vaincu »
    Le 2ème c’est le « vainqueur », car il est impossible à un Être Humain de vivre seul.
    Nous naissons dépendants et nous le restons.
    C’est ce que nous avons à intégrer et ça facilite la naissance de l’Amour.

  5. Vincent Lambin Répondre

    Deux compléments en espérant qu’ils ne sont pas en contradiction avec l’article.
    Le premier: avant d’être conduit à faire semblant d’avoir peur, ne pas avoir peur, jamais. Cela demande de l’entraînement, je l’ai découvert avec les chiens. La peur créée le danger, ce n’est pas qu’elle ne l’évite pas, elle le créée. Evidemment, en faisant semblant d’avoir peur, rester confiant. On pourra toujours avoir peur après coup, juste pour évacuer le stress ou se faire plaisir.
    Le second: choisir d’éviter le combat permet de décider de tout ou partie des conditions de la défaite, cela peut suffire à remporter de fait le combat, cela peut aussi fournir les bases d’une revanche honorable pour les deux parties.
    Je crois que je viens de comprendre l’intérêt des arts martiaux: savoir qu’on gagne si l’on combat permet de choisir plus facilement la défaite et on doit aussi devenir capable des mêmes prouesses que quand on est en colère en plus efficace puisqu’on doit devenir capable de ne plus être en colère.

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