Mon expérience du Jeûne

Faire un jeûne me trottait dans la tête depuis quelques mois. Les raisons qui me poussaient à vouloir en organiser un à mon âge (53 ans) étaient diverses et variées :

  • Je m’empâtais.
  • Je vieillissais.
  • J’avais eu une vie assez saine (je ne bois pas, je ne fume pas) mais ça me semblait utile d’organiser une détoxification globale.
  • J’aime les défis, provoquer du changement.
  • Je veux un esprit sain dans un corps sain. Voir à quel point toutes modifications du corps impacte l’esprit et inversement.
  • J’anime ce blog qui a pour thème, entre autres, la prévention et la vie saine et comment parler d’un sujet aussi important sans avoir testé ?
  • J’aime surtout suivre mon instinct et si une petite voix intérieure me dit « fais un jeûne » et bien, j’obéis.

Qu’est-ce qu’un jeûne ?

Jeûner, c’est s’abstenir de toute nourriture durant une période plus ou moins longue, d’une journée à plusieurs dizaines de jours. Il existe différents types de jeûne : jeûne hydrique ou jeûne sec. Il existe aussi le jeûne Buchinger, qui a pour base bouillon de légumes, jus de fruits, légumes frais et eau. C’est celui que nous avons expérimenté, pendant 6 jours, en juin dernier.

Pendant le jeûne, l’organisme utilise ses réserves pour subvenir au besoin cellulaire. C’est le principe de l’autolyse. La lyse (destruction cellulaire) s’effectue sur les tissus superflus. Ainsi, les excès de graisses en réserve seront utilisés bien avant que ne soient entamées les masses musculaires. Il faut tout de même faire de l’exercice physique modéré chaque jour pour faire comprendre à votre corps qu’il ne doit pas toucher à la musculature. Le jeûne est en fait, un processus d’auto-nettoyage sélectif de l’organisme.
D’un point de vue médical et physiologique, on considère que la période de jeûne commence à partir de la sixième heure après le dernier repas.

Quelques expériences

Diverses expériences ont montré qu’une restriction alimentaire non excessive prolonge la durée de vie de nombreuses espèces animales (souris, rat, singe rhésus)
Des hommes atteints de diabète de type 2 ont pu inverser leur dépendance à l’insuline, améliorer leur glycémie, perdre du poids en pratiquant le jeûne intermittent. Il s’agit de manger tout ce que vous voulez, mais pendant une période bien déterminée, en vue de jeûner le reste du temps. Une forme commune consiste à jeûner pendant 16h chaque jour et ne manger que pendant les 8h restantes. Vous pouvez aussi ne pas manger pendant 24h chaque semaine.
Les chercheurs pensent que la semi-famine peut rendre les processus métaboliques plus efficaces, en produisant moins de radicaux libres et peut-être en renforçant les systèmes de réparation de l’ADN des cellules.
Il a également été signalé que le jeûne pourrait être utilisé comme thérapie supplémentaire pour renforcer le système immunitaire. Des études plus approfondies sont en cours.

Faire un jeûne, mais où ? Quand ? Comment ?

Je m’étais intéressée à un centre de jeûne dans le sud-ouest sur Facebook et, du coup, régulièrement le réseau me rappelait mon projet. Je suivais de loin les groupes qui passaient dans le centre et un jour, des photos avant/après et des commentaires élogieux m’ont convaincue, c’était à cet endroit que je voulais tenter mon expérience !
Ayant des jours libres programmés en juin, j’en parle à l’homme qui m’accompagne, Michel. Vous imaginez bien qu’il n’avait pas du tout envisagé ce genre de vacances… Après (quelques) tergiversations… Il est d’accord pour me suivre. L’amour c’est pour le meilleur et pour le pire il parait !
Je contacte Bruno, le responsable du centre, on s’inscrit et c’est parti !

La semaine avant l’entrée au centre de jeûne

Je suis un peu anxieuse, pas sûre de tenir le coup, je crains de faire des malaises si je ne mange pas. Soit, c’est trop tard pour reculer.

5 jours avant

Il faut commencer la descente alimentaire, réduire la consommation de stimulants (café, tabac, alcool), viandes, charcuteries, produits industriels et aliments contenant de la farine blanche (pain blanc, gâteaux…). En échange, augmenter les quantités de fruits et légumes, bio si possible et boire beaucoup d’eau.
Nous sommes en vacances dans le sud et il reste des chips, achetés pour le voyage, une tradition dans la famille :
– Il faut les finir ! me dit Michel un soir.
Je sens qu’il en a vraiment envie ou besoin, bref, je ne l’arrêterais pas sur ce coup, alors je me sacrifie.
– Si vraiment il faut les finir, je vais t’aider…
Je vais être honnête, je l’ai aidé mais seulement pour qu’il en mange moins, vous vous en doutez !
En fait, ce n’est pas vraiment facile de réduire son alimentation dans un camping où les barbecues fument dès 18h chaque jour, où il y a une friterie tous les 30 mètres et enfin, quand vous avez des choses à grignoter dans vos placards.

3 jours avant

Réduction plus importante des portions, fruit le matin, légumes / céréales à midi, fruit à 4 h si besoin, légumes vapeur et protide léger le soir.
Bon, là, ça commence à devenir plus sérieux, nous sommes déjà faiblards.
Michel (re)craque un soir quand il se rend compte que je lui ai fait commencer la descente alimentaire un jour trop tôt. J’avoue, je me suis quelque peu emmêlée les pédales. Du coup, il part brutalement acheter un burger. Et là, je me dis que l’affaire n’est pas encore gagnée…
Heureusement, il rentre avec une énorme portion de frites, c’est mieux que de la viande.
Vous vous en doutez, là aussi, je l’aide pour qu’il en mange moins…
A ce moment-là, je sais qu’il va falloir arrêter les bêtises, sinon on va le payer cher plus tard.

Finalement, on y arrive assez bien les jours suivants, les portions que l’on se prépare sont encore trop grandes à mon avis pour habituer l’estomac à ne plus manger mais soit, on est en vacances tout de même !

L’arrivée au centre

Petit check-up santé avec Elodie, médecin et femme de Bruno. Ça nous rassure, enfin, moi ça me rassure.
Et là, première « torture » (après le paiement), nous devons boire un verre de Nigari (Chlorure de magnésium) très concentré. Déjà une paillette de Nigari, c’est très moyen comme goût, mais Bruno en met une quantité importante dans le verre. Je me dis que je ne vais pas supporter une telle dose, je vais sûrement mourir… On va tous mourir…
Pourquoi le Nigari ? Pour vider complètement les intestins. Lors du jeûne, votre corps, quand il n’aura plus rien à se mettre sous la dent, va aller chercher partout de quoi tenir, et s’il vous reste des selles, il va aller piocher dedans. A éviter.
Je bois et je ne meurs pas. Personne ne meurt d’ailleurs.
Nous sommes 8 à faire le stage, et les heures qui vont suivre vont bien évidemment être épiques, elles vont nous souder définitivement. Je ne vous fais pas de dessin sur cet épisode, le lendemain, les tuyaux seront propres.

Et la semaine démarre

Bouillon clair le soir, un fond de verre de jus de fruits / légumes à l’extracteur le matin, et c’est tout. Mais à côté de cela, tous les jours :

  • Réveil musculaire le matin, Yoga ou Pilates
  • Randonnée de 8km environ
  • De la sophrologie
  • Et un film sur la nourriture et la santé le soir

Selon les jours, de la méditation, cours de dessin, réflexologie, massage du ventre… et surtout la conférence d’une naturopathe passionnée. Bref, pas le temps de penser à manger !
Ajoutez le grand avantage du centre pour les temps morts : SPA, jacuzzi et sauna et piscine, il fait beau, la maison est très confortable, on est bien.

Alors, pourquoi aller dans un centre ? Nous aurions pu le faire chez nous… Gratuitement… Oui, mais je ne suis pas d’accord, déjà parce que l’effet groupe est très important dans le sens où l’on se soutient les uns les autres tout au long du stage. Aussi parce que je ne m’imagine pas le faire en sachant que j’ai du chocolat dans le placard à côté de moi. Enfin, parce que nous avons randonné chaque jour et je suis sûre que j’aurai passé mes journées dans le canapé si je l’avais fait seule. Sincèrement.

Les conséquences

Bien évidemment, cette expérience n’est pas très facile à vivre mais bizarrement, c’est différent d’une personne à l’autre.
Je dirai que pour plus de la moitié du groupe, tout se passe à peu près bien en dehors de la faiblesse généralisée. Michel est le seul du groupe à avoir faim tout le temps.
Pour 2 personnes sur 8, et j’en fais partie, quand le foie a commencé à aller chercher les graisses et donc les toxines pour les transformer en sucre, cela a créé une acidose induisant des nausées et quelques vomissements, on était au 3ème jour du séjour. Le lendemain matin, nous étions en pleine forme.
Nous avons subi des insomnies importantes, des cauchemars, car le corps est allé chercher les toxines jusque dans le cerveau, du coup, ça l’a perturbé. Personnellement, j’ai été actrice dans un Mad Max chaque nuit…
Pour le coup, globalement, et en dehors de ce 3ème jour compliqué, je suis en forme, je trouve très étonnant de jeûner depuis plusieurs jours et de pouvoir encore marcher autant.
On s’en sort tous bien même s’il m’a quand même semblé que plus on était âgé, plus c’était dur. A confirmer.

L’après jeûne

La semaine suivant le stage, il ne fallait manger que des fruits et légumes en rajoutant petit à petit, œufs, légumineuses, céréales et enfin viandes. L’important était (et est toujours) de mâcher très longtemps, pour réhabituer le corps à la nourriture et remettre en route la tuyauterie.
Les effets du jeûne arrivent dans les semaines qui suivent. Je peux déjà dire que je n’ai pas mis mes lunettes de vue pendant 3 jours après la sortie du centre. Ça m’a interpellé fortement. Par contre, 3 mois après, je les remets, je ne vais pas vous mentir.
Je me suis sentie plus active, plus claire d’esprit.
Une des personnes présente, âgée de 65 ans et pétrie de douleurs d’arthrose, qui était venue expressément pour cela, a vécu les 3 premiers jours avec difficultés mais au 4ème jour : plus aucune douleur, elle était rayonnante. Nous avons eu des nouvelles d’elle un mois après, toujours pas de douleurs.
Enfin, nous avons tous perdu du poids, bien évidemment, 5 kg chacun pour Michel et moi, ce n’était pas le but mais ça fait du bien quand même. La cerise sur le gâteau.

3 mois après

Nous mangeons plus de légumes qu’avant, moins de viande et globalement les quantités sont diminuées. Nous mangeons de façon plus consciente, moins vite. J’ai diminué le café, je n’en bois plus après le déjeuner, je remarque par contre que je le remplace par du chocolat s’il y en a.
J’ai repris 1 kg immédiatement après le jeûne, dû au fait que l’on sale à nouveau les aliments, l’eau et la cellulite ont fait leur retour. 1.5kg dans les semaines qui ont suivi.
Mon esprit est plus clair, je me sens beaucoup moins émotive et plus calme. Les problèmes me semblent moins graves, plus gérables. Je me sens plus légère dans tous les domaines. J’ai cette impression que mes organes fonctionnent mieux. J’ai ralenti mon rythme de vie.

Bilan

Déjà pas de regret sur le choix du lieu, pour celles et ceux qui seraient tentés, je vous recommande le centre de jeûne « Les Crocodiles Jaunes », à côté de Gaillac, c’est le sud, il y fait beau (c’est important) mais surtout l’équipe y est très compétente et détendue.
Je retenterai l’expérience dans un an ou deux car je me sens beaucoup mieux depuis. Bruno m’expliquait qu’on pouvait aussi faire du jeûne intermittent de 16h ou jeûner 24h par semaine. Perso, j’ai du mal avec cette organisation, je préfère être à fond pendant 5 jours puis lâcher l’affaire. Chacun son caractère.

Attention tout de même : Le jeûne n’est pas une technique anodine, il nécessite une préparation ainsi qu’un suivi global. Le choix de faire un jeûne relève de la responsabilité de chacun. Si vous doutez de son opportunité dans votre cas, prenez conseil auprès d’un professionnel de santé.

Pour aller plus loin : La fédération Jeûne et Randonnée
A lire De la sobriété dépend la longévité

Témoignage de Michel

Pour ma part, j’ai un rapport avec la nourriture qui a changé, je ne regarde plus de la même manière les aliments que je mange, je délaisse de plus en plus les aliments industriels, et transformés.
Je ne mange plus pour me remplir mais j’apprécie chaque bouchée et le goût des choses. Je prends le temps de mâcher et je bois beaucoup moins de café.
Au niveau physique, j’ai constaté que ma peau était plus saine, je prends moins facilement mes lunettes pour regarder la télé, j’ai l’impression d’avoir retrouvé une seconde jeunesse.

Marie Bertolotti
desirdetre.com

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2 Responses to “Mon expérience du Jeûne”
  1. Témoignage passionnant !
    Incapable d’avoir votre volonté, je pratique le jeun de 16h tous les jours, plus naturel et facile pour moi. Une semaine sans manger, sans mâcher c’est impossible à mon niveau, la peur de souffrir surtout.
    Félicitations et respect!

  2. Ça commence à me trotter dans la tête, y compris le jeûne de 16h. Super le partage de votre expérience… Donc je viens avec vous la prochaine fois !

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