Burgers sucrés, bien gras et Prix Nobel

Vous allez me dire « Mais quel rapport entre les burgers et les Prix Nobel Marie ? » Et bien il y en a un et je vais tout de suite éclairer votre lanterne. Par contre, pour cela, il vous faut un cerveau au top de ses capacités et là, je vous l’affirme, c’est pas gagné, et ce pour la majorité d’entre nous, qui nous nourrissons de malbouffe. 
Normalement, vous souhaitez tous être intelligents et que vos enfants soient des lumières. Idem pour les capacités émotionnelles, vous aimeriez un monde sans violence, sans crise de colère ni d’anxiété.
Et bien aujourd’hui, je vais vous expliquer comment faire grâce aux derniers résultats obtenus par la recherche en neuro-nutrition.

C’est simple : Ce que nous mangeons détermine notre état émotionnel, notre agressivité, nos déprimes, notre état intellectuel, nos décisions, nos possibilités de mémorisation, nos capacités d’apprentissage, et enfin notre sociabilité. C’est déjà beaucoup, mais il y a pire, vous devez savoir que nous sommes, en plus, manipulés par les petites bactéries présentes dans nos intestins. En bref, la nourriture joue avec notre physique ET nos neurones. 
Attention, pas n’importe quelle alimentation, la grande responsable est la junk food, la malbouffe (produits transformés, boissons sucrées, snacks salés). Pour précision, « Junk » signifie « déchet », « ordure » en anglais.

Quels sont les effets de la junk food ?

Grossesse, alimentation et enfants capricieux

Des chercheurs australiens ont étudié les répercussions de l’alimentation de 23 000 femmes enceintes sur le comportement émotionnel de leur enfant jusqu’à 5 ans. Ils ont démontré qu’ils étaient plus agressifs, colériques et capricieux, plus tristes, faisant des cauchemars plus fréquemment et étaient plus anxieux si la mère avait abusé de junk food.

La malbouffe provoque des carences

Les besoins en Omega 3
Nous ne savons pas les synthétiser, il est donc indispensable d’en trouver dans notre alimentation, or, dans les pays industrialisés, les régimes alimentaires se sont appauvris en acides gras essentiels depuis le début du XXème siècle, du coup, nos neurones ont du mal à communiquer entre eux.  Des chercheurs de l’Inserm et de l’INRA associés à des scientifiques espagnols ont fait suivre à des souris un régime pauvre en acides gras Oméga 3. Ils ont découvert que ces niveaux réduits diminuaient les fonctions des neurones impliqués dans le contrôle des comportements émotionnels. La carence en Omega 3 donnerait de l’anxiété, des angoisses, du stress.

Les besoins en vitamines 
Le manque de vitamines est due à une alimentation qui n’est pas assez variée, cela nous rend plus agressif et plus anxieux. Pendant la dernière guerre mondiale, les femmes enceintes ont été fortement carencées, 18 ans après, les enfants étaient beaucoup plus violents que la moyenne.
Le lien entre propension à l’agressivité et alimentation déséquilibrée a également été prouvé aux Pays-Bas lors d’une expérience menée en prison sur 221 détenus pendant 3 mois. On a enrichi leur nourriture en vitamines, minéraux et acide gras, cela a considérablement diminué l’agressivité et la violence ambiantes.

De là à imaginer que si l’on évitait la junk food, le monde serait plus paisible, votre ado moins violent et votre voisin moins excité chaque fois que vous sortez la tondeuse, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement.

Votre assiette détermine votre intellect

Les toutes premières recherches en nutrition, au siècle dernier, ont rapidement mis en évidence que des troubles neuro-psychiatriques, telles les pertes de mémoire, étaient liés à de graves carences en vitamines. 
Notre cerveau a besoin d’être nourri et c’est l’augmentation de la disponibilité des protéines digestes (grâce à l’apparition du feu et donc de la cuisson) qui a favorisé notre développement cérébral. 
Nous devons donc le nourrir mais pas n’importe comment. Nous avons tous vécu des moments d’hypoglycémie (diminution de la concentration sanguine en glucose), nous avions alors du mal à rassembler nos esprits. De même, quand l’alcool envahit notre pensée, nous avons du mal à rester lucide.

Enfin, vous devez savoir que selon ce que vous venez d’avaler, vous ne prenez pas les mêmes décisions. Pour tester cette affirmation, une expérience a été tentée :
Un homme a le choix, il accepte qu’on lui donne 2 euros alors que son voisin en reçoit 8, c’est injuste mais il récupère 2 euros malgré tout. Ou bien, il n’accepte pas cette injustice et là, aucun des deux ne reçoit d’argent.
Résultat : Selon ce que l’homme a mangé le matin, sa décision varie. En ayant pris un petit déjeuner riche en protéines, il accepte l’injustice et récupère 2 euros, il est tolérant. En ayant pris un petit déjeuner riche en sucres, il refuse le marché, il est donc plus intransigeant.
Imaginons un enfant ne mangeant que du pain blanc, du Nutella, des cornflakes au lever, socialement, ça donne quoi dans les heures qui suivent à votre avis ?

4 jours de junk food : Conséquences sur le rat

  • Il n’est jamais rassasié. D’où les problèmes actuels d’obésité dans le monde ?
  • Sa mémoire spatiale est altérée.
  • Son hippocampe (permettant l’apprentissage et l’élaboration des souvenirs) ne joue plus correctement son rôle. 
  • Sa masse de matière grise diminue.
  • Le processus inflammatoire est exacerbé dans tout le corps et dans le cerveau.
  • Les microgliales, cellules immunitaires cérébrales, dévorent les neurones morts sous alimentation normale. Quand le rat est sous junk food, elles se mettent à détruire des neurones vivants. Je vous laisse imaginer les conséquences sur le gamin accro à Mac Do et qui passe le bac dans l’année. 
  • A choisir entre de l’eau sucrée et de la cocaïne, le rat choisi l’eau sucrée qui est donc beaucoup plus addictive. Le problème est qu’il y a du sucre dans de nombreux aliments transformés, on nous rend donc accros à notre insu. 
  • L’intestin et le cerveau communiquent entre eux et récemment, des études ont montré que le microbiote (ou flore) intestinal est impliqué dans ces interactions. La flore intestinale est l’ensemble des micro-organismes vivant dans les intestins et dépendant en partie de nos repas. 
    Quand on transfère le microbiote intestinal d’un rat calme à un rat excité, le second s’apaise.
    Chez des souris nourries avec un régime occidental pendant 6 semaines, une réduction de certaines bactéries (Bacteriodetes) et une augmentation d’autres ( Firmicutes) ont été corrélées à une faible flexibilité cognitive et des troubles de la mémoire.
    Et si nous étions concernés par cette expérience ?

Qui tire les ficelles au moment de choisir ce qu’on va manger ?

Les aliments riches en sucre altèrent le cerveau. Quand on donne une glace à des habitués du sucre, la réaction de plaisir est moins forte que chez ceux qui en mangent rarement. Plus on en mange, plus le plaisir est réduit, c’est comme la drogue, le circuit de la récompense est altéré, il en faut toujours plus.
De même, pour la plupart des gens, nos envies gourmandes s’exacerbent à la vue d’une crème glacée, mais bien plus chez ceux qui ont l’habitude d’en manger. Nous ne contrôlons donc plus grand chose et ça arrange l’industrie alimentaire qui s’enrichit de notre passivité.

Par contre, attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, l’éducation et l’apprentissage sont plus importants pour les performances intellectuelles que les pilules multi-vitaminées. De même, l’activité physique est le premier facteur impliqué dans le maintien et l’entretien des capacités cérébrales, en stimulant tous nos neurones.

Recommandations nutritionnelles pour rester calme, serein et devenir (peut-être) un Prix Nobel

  • Choisissez de changer de régime alimentaire.
  • Préférez l’option « alimentation méditerranéenne » riche en végétaux, en fruits et légumineuses.
  • Mangez des graines, des abats, des poissons gras, avec beaucoup d’huile d’olive.
  • Évitez le sucre.
  • N’hésitez pas sur les épices et les fruits rouges pour éviter le déclin cognitif.
  • Des études ont montré que les polyphénols du chocolat, mais aussi sans doute ceux du vin, du soja et des autres aliments végétaux, améliorent vos aptitudes cognitives.

Cette variété alimentaire donnera un bon microbiote, moins de carences et donc une meilleure santé mentale et physique. Bonne chance pour le Nobel !

Et si on s’intéressait à la bonne bouffe ?

  • Et si vous emmeniez vos enfants de temps à autre dans un restaurant où de vrais professionnels de la cuisine subliment des légumes tout frais sortis du jardinet ?
  • Pourquoi ne pas aller au marché de votre village pour rencontrer les producteurs locaux, les fournisseurs des artisans défenseurs de la gastronomie et du patrimoine culinaire ?
  • Et si vous choisissiez des restaurants où la nourriture est fraîche, les odeurs succulentes, la mayonnaise fouettée sous vos yeux pour que vos enfants aient envie de délaisser leurs burgers et autres cornflakes ?

Sources
Marie
desirdetre.com

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One Response to “Burgers sucrés, bien gras et Prix Nobel”
  1. Super ton article, Marie !
    J’ai vu récemment un reportage très intéressant sur le rapport entre notre cerveau et la nourriture qu’on avale sur ARTE :

    https://www.arte.tv/fr/videos/082725-000-A/bien-nourrir-son-cerveau/

    De quoi apprendre, comprendre et manger différemment pour que notre cerveau brille de tout son potentiel !
    Belle journée à toi et à tes lectrices et lecteurs 🙂
    Sylvie

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