Les instincts sont des programmes de survie

Ils sont communs à toutes les espèces, animales ou végétales, ils sont innés, en lien avec notre fonction reptilienne de survie dans des conditions extrêmes. Mais la situation de l’homme a évolué au cours des siècles :  Quel rapport entre une vie de famille dans une grotte avec un Cro-Magnon et dans une villa avec Georges Clooney ?  Ou bien entre un feu de camp en forêt avec l’australopithèque Lucy et un restaurant avec Adriana Karembeu ? Aucun !
Nos fonctions de survie se sont donc adaptées, d’une génération à l’autre, à une vie plus facile. Pour autant, il arrive que des pulsions apparaissent inconsciemment, par exemple avoir les placards rempli de nourriture alors que le supermarché est à 300m ou acheter des centaines de rouleaux de papier WC en cas de pandémie.

Comment ça marche ?

L’instinct court-circuite l’esprit quand je suis en danger ou quand il juge que c’est nécessaire. Il peut être excessif (je sur-réagis à tout), normal ou faible (je me mets alors facilement en danger). Notre chemin de vie nous fait régulièrement croiser des situations difficiles. Pour autant, nos vies sont beaucoup plus calmes qu’à l’époque de Lucy. Il s’agit donc de ne pas se laisser entraîner dans des réactions exagérées !
Juste une précision : Les stupéfiants et l’alcool annihilent nos programmes de survie. Facile à vérifier, vous avez tous déjà vu des personnages très imbibés au bord d’une route.

La transformation de mes instincts

Si je mets ma conscience sur mes tendances « incontrôlables », je peux les transformer. Pour cela, je dois les vivre en gardant mon esprit clair, en faisant en sorte d’en être spectateur. Ça prend du temps et beaucoup d’expériences pour y arriver, je vous l’accorde.
Une fois que je me suis vu en mode survie, je m’interroge sur la validité de l’instinct qui monte en moi. La situation est-elle vraiment dangereuse ? Pourquoi cet instinct se manifeste-t’il ?
La question se pose en particulier si j’ai changé d’univers récemment. Imaginez que je passe du désert africain à la jungle asiatique, boire 3 litres d’eau par jour n’est plus très utile…
Je dois constamment observer si mes instincts sont adaptés aux situations que je vis.

Les prises de risque

Se méfier du danger « évident »

Ce qui nous semble le plus dangereux n’est pas ce qui nous tue le plus. On a tous peur des mêmes choses, avions, serpents, araignées… Sauf que si on regarde les statistiques : On a 6 fois plus de chances de se tuer en tombant qu’en se faisant mordre par un serpent. 1730 plus de chances de succomber à une grippe que périr en avion.
Alors pourquoi une telle absurdité ? La partie du cerveau qu’on appelle « le reptilien » a l’expérience de milliers d’années d’évolution. Il sait tout ce qui a pu nous permettre de survivre.
Et la raison n’y peut rien. Au 19ème, Darwin a tenté de ne pas réagir à l’attaque d’un serpent dont il était totalement protégé par une vitre. Échec, Il a reculé d’un bond quand le serpent a attaqué.

Nous sommes programmés

Le cerveau reptilien serait responsable des comportements primitifs assurant nos besoins fondamentaux, il assure la survie de l’individu et de l’espèce. Il est responsable de notre instinct de conservation et de certains réflexes de défense. Ce cerveau primitif entraîne des comportements stéréotypés, pré-programmés. Une même situation, un même stimulus, entraînera toujours la même réponse. Cette réponse est immédiate, semblable à un réflexe.
C’est cette partie du cerveau qui nous ferait fuir devant un serpent.

Quid du danger « invisible » et/ou récent  ?

Pour autant, nous sommes incapable de réagir en cas de fuites de matières radioactives par exemple. Le reptilien ne reconnait pas ce genre de danger qui est trop récent dans l’histoire de l’humanité. Et c’est valable avec nombre de nouvelles technologies. Il nous faut donc procéder autrement pour juger d’une menace.
Par exemple à l’annonce : » Est-il dangereux de manger des légumes traités par des pesticides ? » Que répondez-vous ? Pour répondre objectivement, il faudrait poser une liste de questions hallucinantes à des dizaines d’experts. C’est impossible à faire. Sachant en plus que ce n’est pas le seul problème à résoudre que nous ayons dans nos vies.  Alors nous répondons très rapidement à vue de nez, à l’instinct, du genre  » ce n’est pas important, je les lave avant », ou bien ‘je n’en mange que très rarement ».

Les émotions prédominent

Notre cerveau simplifie au maximum les données et utilise son ressenti émotionnel : Du coup, notre réaction sera différente selon que l’on parlera de produit « chimique », « naturel » ou « bio ». Et pourtant l’amanite phalloïde est un produit naturel et bio !
De même, si un évènement est spectaculaire, son effet sur la peur est augmenté. Un crash d’avion est choquant en terme d’image, une maladie chronique du foie beaucoup moins. Et pourtant la 2ème tue beaucoup plus.
Le fait d’avoir été confronté à un danger modifie aussi notre perception. Si j’ai déjà eu un accident de voiture, je suis beaucoup plus réceptif à ce risque.
Notre âge joue un grand rôle dans la prise de risque, les jeunes pratiquent des sports périlleux sans angoisse mais n’aiment pas prendre des médicaments. Les plus âgés l’inverse.
De même, la menace nous parait plus grande lorsque nous n’avons aucun contrôle de la situation, en avion par exemple. Alors qu’en voiture, je contrôle… Enfin, je crois…
Et surtout, le plaisir a sa part dans la prise de risque. J’adore voyager et je n’aime pas prendre l’avion… Mais j’adore voyager. Voilà.

Comment mieux évaluer les risques ?

1.Posez-vous les bonnes questions

Le risque c’est : La probabilité qu’un évènement néfaste survienne ET que ses conséquences soient graves.
Une épidémie de grippe est en cours ? Suis-je vulnérable ? Comment se propage le virus ? Est-il vraiment contagieux ? Combien de personne en sont mortes ? …
Et seulement après avoir répondu à ces questions, cherchez à vous en protéger… ou pas.

2. Documentez-vous

Multipliez les sources d’informations.

3. Gardez à l’esprit que nous sommes influençables.

Attention à l’effet troupeau de moutons. Mieux vaut penser par soi-même dans la plupart des cas.

4. N’oubliez pas que les chiffres peuvent être trompeurs

Analysez-les objectivement.

Et prenez le risque de vivre pleinement…

Tiré de l’enseignement donné au Cercle Taoïste Lyon

Marie Bertolotti

desirdetre.com