Tu as égaré ton âme dis-tu ?

Babu Khayyam, jeune homme, a le sentiment d’avoir égaré son âme dans les méandres d’une vie trop dispersée. Il rencontre alors celui qu’il sera devenu dans six ou sept décennies. Ce lui-même en devenir lui propose alors, tout au long du livre, des voies, des pistes pour renouer avec la partie la plus tendre, insoumise et vivante de son être.

« Lève-toi Babu Khayyam, fils du sable et de la mer.
Il est temps de grandir.
Lève-toi et entends ta propre voix.
Tu as trente ans, j’en ai bientôt cent qui sonnent.
Tu n’as vécu que peu de jours, déjà tu as aimé, goûté tous les plaisirs, connu toutes les tentations. Et tu te demandes où mènent les courants qui soulèvent ta barque.
Je suis celui que tu seras dans quelques décennies.
Ni en avance ni en retard, j’étais en toi au premier jour.

Tu as égaré ton âme dis-tu ? Tu vogues dans ta vie comme un bouchon sans gouverne, malmené par des vents que tu ne comprends pas ?
Séduit par les artifices, trompé par les désirs, tu as commencé d’errer comme le vent sur le sable de tes jours ?

Reprends ta pagaie, Babu Khayyam reviens pêcher avec ceux qui étaient tes amis quand tu étais enfant. Dirige-toi au couchant, ne porte pas ton regard en arrière. Il y a davantage de terres nouvelles à découvrir sur l’océan que tu n’en as parcouru jusqu’ici, davantage de poissons inconnus que tes filets n’en peuvent tenir entre leurs mailles.

Quand à ton errance, Babu Khayyam, rassure-toi : les déserts de l’existence se révèlent souvent plus fertiles que les oasis les mieux irrigués.
Ton âme n’est pas perdue.
C’est toi qui va te perdre, et perdre tous les plaisirs, si tu continues à l’ignorer, elle.

Peut-être t’a t’on enseigné que l’âme a des devoirs.
Peut-être a t’on omis de te dire qu’elle a aussi des droits inaliénables et que faute d’honorer ces droits, de les pratiquer jour après jour, ton âme pouvait s’absenter de ta vie comme s’évanouit l’argent du matin quand brûle l’or tapageur du plein midi. »

« Prends soin de ta vie, elle est ton unique oeuvre d’art. »

Pier Veranese
Déclaration des droits de l’âme insoumise et joyeuse
Collection La mescla

Déclaration des Droits de l'Âme de Pier VeraneseJ’ai reçu ce petit livre un jour, il m’a mise en joie, ou plutôt, il a mis mon âme en joie.

Quelques-uns des droits de l’âme suggérés par l’auteur ?
Le droit à la fugue et à la mutinerie.
Le droit à la nudité.
Le droit à la solitude.
Le droit à la soif insatiable.
Le droit à la rencontre amoureuse…

Je vous le conseille chaleureusement.
Marie

 

One Response to “Tu as égaré ton âme dis-tu ?”
  1. Je connais ce livre. En effet, à lire absolument. Et à relire aussitôt ?

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