Le pouvoir de l’engagement

« Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure, et l’inefficacité prévaut toujours. En ce qui concerne tous les actes d’initiative et de créativité, il est une vérité élémentaire, dont l’ignorance a des incidences innombrables et fait avorter des projets splendides.

Dès le moment où l’on s’engage pleinement, la providence se met également en marche. Pour nous aider, se mettent en œuvre toutes sortes de choses qui sinon n’auraient jamais eu lieu. Tout un enchaînement d’événements, de situations et de décisions, crée en notre faveur toutes sortes d’incidents imprévus, des rencontres et des aides matérielles que nous n’aurions jamais rêvé de rencontrer sur notre chemin…

Tout ce que tu peux faire ou rêver de faire, tu peux l’entreprendre. L’audace renferme en soi génie, pouvoir et magie. »

Goethe

Une illustration du sujet :

On raconte qu’un jeune Indou affamé de vérités rares s’en fut voir un ermite, un jour, dans sa cabane au bord de l’eau.
– Maître, dit-il, enseignez-moi.
– Que veux-tu apprendre, mon fils ?
– Le sens de la vie, son secret, pourquoi je suis venu au monde, quel est mon destin ici-bas, et quel il sera au-delà, lorsque j’aurai quitté mon corps.

L’ermite contempla longtemps le garçon assis devant lui à quelques pas du vaste fleuve. Il dit enfin :
– Veux-tu vraiment ? L’apprentissage est éprouvant.
– L’ignorance est comme la crasse, il faut savoir s’en nettoyer, et l’on m’a dit grand bien de vous.
– Le maître ne peut pas grand-chose si le désir de l’apprenti n’est pas aigu et pénétrant comme une lance de guerrier. Attends encore quelques lunes, tu n’es pas assez aiguisé.

L’autre rougit, s’impatienta.
– Maître, dit-il, vous vous trompez. S’il vous plait, ne me chassez pas. Mon désir d’apprendre est sincère.
– Sincère n’est pas suffisant.
– Que faut-il d’autre, dites-moi ?

Le vieux réfléchit un instant.
– Viens avec moi au bord de l’eau.
Ils s’approchèrent du rivage. Tous deux s’agenouillèrent là, puis l’ermite dit au jeune homme :
– Courbe-toi. Plonge ta figure.
Il obéit. Alors le vieux le prit rudement par la nuque et maintint sa tête sous l’eau. Le jeune homme se débattit.
Enfin, à bout de souffle, à bout de forces, il se redressa violemment.

– Voilà ce que j’appelle un désir suffisant. Quand il sera aussi vital que le besoin d’air de ton corps, reviens me voir, dit le vieil homme. En attendant, vis, mon garçon.

Henri Gougaud, Le livre des chemins

desirdetre.com

 

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