Les contes paillards

Les ethnologues, collecteurs de traditions locales, ont des classifications précises des contes :
L’aristocratie de la collecte, ce sont les mythes, au-dessous viennent les contes merveilleux, plus bas les contes facétieux, comiques…
Et tout en bas, les contes scatologiques, paillards, sexuels…

Les contes paillards me semblent être les plus importants, souvenez-vous :
Quand on allait enterrer un proche, au retour du cimetière, on faisait une grande bouffe, on commençait bien sûr tristement le repas par l’éloge du mort. Puis on passait progressivement à l’évocation de sa générosité, de sa vertu éventuelle, bref de ses qualités.

Et alors, il y avait forcément quelqu’un qui disait : « C’était quand même un chaud lapin hein ! »
Le propos commençait alors à descendre au-dessous du nombril, pour en arriver aux contes paillards, sexuels…
C’était une manière de réamorcer la vie après les funérailles. La vie se réamorce toujours par la racine, par le bas.
Les contes scatologiques et paillards sont la racine de l’arbre, ce qui plonge dans l’humus et le fumier.

Mais d’où naît la rose ? Du ciel ou du fumier ? Le fumier fait au moins autant que le ciel !

Propos de Henri Gougaud dans « Donner du sens à sa vie »

desirdetre.com
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