Comment être un roi taoïste ?

En combinant, manipulant, calculant, dirigeant, nos politiciens contemporains se contentent de continuer le travail des rois de l’ancien régime. Cette attitude est en totale opposition avec celle du roi taoïste. Le roi taoïste est un roi éminemment paresseux qui n’intervient jamais dans les affaires du monde et « guide les hommes sans les contraindre » Il est à l’image du tao, le grand paresseux, cosmique, dénué de volonté, de buts, d’objectifs d’activités et qui ordonne l’univers mais de manière secrète, sans le montrer, sans laisser de traces, sans donner aucun indice de son action.

Il est une simple présence, au cœur de toute chose, une présence invisible.

L’ordre véritable ne surgit jamais d’une volonté humaine. Le souverain taoïste n’a aucune emprise sur le peuple. Il n’est pas non plus possédé par lui, il ne pense ni à l’estime ni au mépris des hommes. Il n’a pas peur de perdre sa fonction et il ne se considère pas plus important qu’un autre homme. Il fait le bien de tous les êtres sans le chercher, par son rayonnement, sa simple présence. On s’aperçoit à peine de sa présence. Lorsque le sage règne, il ne change pas le régime, n’introduit pas de modifications, même dans un sens pacifique.

A l’image du vieillard Tsang. Le jour où il entra en fonction, il ne changea rien à la législation, n’émit aucun édit, mais au bout de 3 ans les bandes de voleurs s’étaient dispersées, les étrangers hostiles n’osaient franchir la frontière, les fonctionnaires se consacraient au bien commun.

Le roi véritable a donc une fonction magique, celle de maintenir l’harmonie de l’univers dans son royaume. Il est le médiateur avec les puissances de l’invisible. Le souverain taoïste des temps anciens est profond, hésitant, timide, effacé, prudent, simple. Il parle peu ne cherche pas à paraître. Il enseigne par le silence et gouverne par le non faire. Il aime le peuple et dirige l’état sans user de subtilités.

Erik Sablé Sagesse libertaire taoïste

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