Le lâcher-prise

Il était une fois un brave garçon du nom de José, qui avait choisi comme défi de vie d’expérimenter le lâcher prise.
Il avait presque tout lu et tout entendu sur ce vaste sujet de l’abandon à Dieu et sur la confiance totale à accorder à ses guides et à toutes les formes d’aides venues d’en haut.
Il avait également suivi une multitude de cours traitant de ce thème afin de parvenir à son but ultime : se laisser couler dans le grand fleuve de la vie.
Mais, malgré tous ses efforts, le résultat tardait à venir, car toutes les connaissances que José avait acquises s’accrochaient désespérément à son mental.
Les efforts qu’il mettait à vouloir s’abandonner à la vie en toute situation l’avaient fatigué. Aussi José lança-t-il un dernier cri de désespoir avant d’abandonner définitivement le combat.

Sans le savoir, en agissant ainsi, il avait vraiment lâché prise pour une des rares fois de sa vie. Dieu entendit ce vibrant appel venant du coeur de l’un de ses enfants et, de son souffle magique, il transporta José au pied d’une chute dont lui seul connaissait l’existence édénique. Ne cherchant surtout pas à comprendre ce qui se passait, José se contenta d’écouter la voix magique qui émanait de la cascade dans laquelle baignaient ses pieds.

« N’as-tu pas l’impression d’être souvent en équilibre au-dessus d’une telle chute et de craindre de tomber dans le vide ? Depuis des années, tu te déclares prêt à l’action. Tu te demandes inlassablement d’être précipité dans le courant de la vie pour accomplir ta mission, mais tu résistes quand vient le temps de l’accomplissement, car au fond, tu as peur ! Tu es comme cette branche là-haut, accrochée au gros rocher sur ta droite, tu la vois? »

José vit effectivement un petit bout de bois suspendu tout en haut de la chute, qui semblait se retenir désespérément aux rochers pour ne pas être entraînée dans le vide.

« Cette branche que tu vois là-haut, reprit la voix intérieure, c’est Toi qui t’agrippes continuellement à tes préjugés. Tu laisses ainsi le champs libre à ta peur de l’inconnu, et celle-ci te mène alors allègrement par le bout du nez.
Lorsque ton cœur t’incite à faire un pas en avant en t’abandonnant totalement à la vie, ne luttes-tu pas avec toute la force de ton mental pour retarder le moment où tu devras passer à l’action? »

José se reconnut parfaitement dans cette description et sourit malgré lui.

« Au nom de la prudence, tu rames à contre-courant en feignant d’ignorer le réalité. Tu t’épuises à lutter contre l’inévitable jusqu’à ce que tu te retrouves complètement exténué et au bord du désespoir… C’est à ce moment que tu cesses d’exercer ton emprise sur ta vie et que tu es entraîné dans le courant de la chute.

La voix se tut, et au même moment, la petite branche qui avait attiré l’attention de José était projeté dans le gouffre.

« Regarde maintenant à tes pieds », reprit l’inspiration magique.

José baissa les yeux pour remarquer le morceau de bois qui tournoyait calmement dans l’eau.

« Apres chaque épreuve, cher José, as-tu remarqué que la vie te réservait toujours un temps de repos ? Durant cette période d’accalmie, tu as tout le loisir de refaire tes forces et tu peux en profiter pour tirer des leçons de l’expérience que tu viens de vivre. A l’image de la branchette qui, après sa dégringolade, s’est laissée bercer par les remous purificateurs, tu dois prendre le temps de te reposer. Ensuite, tu pourras laisser le courant de ta vie te propulser un peu plus loin, jusqu’à la prochaine chute que tu rencontreras, tu pourras franchir les suivantes avec de plus en plus de facilité. Et un jour, sans que tu t’en aperçoives, tu iras de cascade en ruisseau et de ruisseau en fleuve, et tu arriveras à la mer, frais et dispos. Comme tu seras en pleine possession de tes moyens, tu pourras profiter pleinement des années d’abondance qui s’ouvriront à toi et qui compenseront pour les efforts que tu auras fournis. Ton corps sera peut-être usé par certaines descentes plus abruptes que d’autres, mais ton cœur aura encore envie de s’émerveiller devant toutes ces petites choses qui rendent la vie magique quand on y mord à belles dents. »

La voix se tut, laissant le bruissement de l’eau compléter l’enseignement.

Auteur Inconnu

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