Alicament : Le concombre

Le concombre, Huang Gua, 黄瓜, en chinois appartient à la famille des cucurbitacées. C’est une plante herbacée annuelle.
C’est la même plante qui, quand les fruits sont très petits, sert à faire les cornichons.

Que dit la médecine chinoise ?

Le concombre est de saveur Fraîche et sa nature est Douce.
Je vous rappelle qu’un aliment de nature froide rafraîchit la chaleur, disperse le feu et rafraîchit le sang. Il peut neutraliser les toxines comme les infections. La saveur douce sera plutôt tonifiante, humidifiante, hydratante et régulatrice du système digestif.

Les méridiens organes cibles sont ceux de la Rate, du Poumon et du Gros intestin.

Ses actions principales sont de clarifier la chaleur, d’arrêter la soif et de favoriser la diurèse.

Voyons quelques indications :

Le concombre est très bon à consommer en cas de chaleur dans le haut du corps, ce que l’on appelle en MTC le « foyer supérieur ».
Il est excellent donc dans les sensations de chaleur dans la poitrine, dans les problèmes de gorge enflée et douloureuse, dans les soifs importantes avec sécheresse des lèvres. Mais aussi en cas d’yeux rouges et douloureux.
Les Chinois ont l’habitude d’en consommer en cas de chaleur caniculaire, car il régénère les liquides et est rafraîchissant.
En décoction avec du fromage de soja, Fu Zu, il sert à traiter les coups de chaleur des enfants.
En tant que diurétique, il permet de lutter contre les œdèmes, les difficultés urinaires ou les mictions fréquentes.
On dit qu’il « perméabilise la voie des liquides ». Traditionnellement, on l’utilise en cas d’ascite ou d’œdème des membres inférieurs.
Par son action rafraîchissante, il permet d’éliminer les toxines et la chaleur des furoncles. Il humidifie aussi la peau. Il pourra alors être aussi appliqué directement sur celle-ci ou pris par voie interne.
On se sert aussi du concombre dans les diarrhées glaireuses de type chaleur, très odorantes, survenant chez les enfants.
Du fait de son action « anti-chaleur » en application externe, on s’en sert en cas de brûlure, de coup de soleil, ou de blessure traumatique.
D’ailleurs les Chinois traditionnellement ont l’habitude de conserver un concombre cueilli au mois de mai, dans une bouteille hermétique. Ils la suspendent à l’ombre et le jus obtenu est utilisé en application locale pour le traitement des brûlures.
Il est dit que le concombre séché et vieilli « tonifie l’énergie de la Rate » et arrête les diarrhées.

Que disent les recherches modernes ?

Le concombre, surtout la peau et la chair près de la peau contient de la cucurbitacine C responsable de l’amertume. C’est un anti-inflammatoire puissant. Les dernières recherches montrent qu’il peut inhiber la multiplication cellulaire en cas de cancer.
Si on le consomme avec la peau, il a d’importantes propriétés anti-oxydantes.
Connue depuis des millénaires pour ses vertus cosmétologiques, cette  plante est providentielle pour les peaux grasses.
Elle régularise les sécrétions sébacées. Elle a des vertus cicatrisantes et adoucissantes.
Sa nature froide et son action hydratante permettent de redonner vie au visage.
Une recette parmi d’autres : « On sort le concombre du frigo, on le coupe en très fines lamelles et on l’applique sur le visage pendant 15’ ».
On peut aussi en faire un masque : « On le réduit  alors en purée sans enlever la peau. On dépose sur le visage une gaze très fine et on applique à la spatule cette crème. On garde ce masque pendant 15’, puis on rince le visage à l’eau glacée ».
On peut se servir de cet onguent en cas de démangeaisons, de brûlures ou de rougeurs.
Le concombre contient une protéine, la péroxydase qui aide à la diminution du cholestérol et des triglycérides. Ce que l’on appelle sous un terme générique, le Tan en MTC.
Par là, il prévient les maladies cardio-vasculaires. D’autre part, il permet de diminuer le glucose sanguin et donc est un antidiabétique.
Son taux élevé de potassium favorise l’élimination des toxines et l’excès d’eau de l’organisme (bien sûr, il ne faut pas rajouter de sel en le consommant ! ! !).
En tant que dépuratif, il donne d’excellents résultats en cas d’excès d’urée ou de crises de goutte.

Mode d’utilisation

En utilisation interne, il peut être consommé cru ou cuit. Les Chinois l’utilisent très souvent dans les soupes.
En externe, son jus entre dans la composition de nombreuses pommades.
Localement, il  peut donc être appliqué en tranches ou broyé.
Il convient de les choisir bien fermes, sans meurtrissures ni tâches. Bien verts et pas trop gros, pour éviter qu’ils ne soient trop amers.
Les principes actifs sont situés sous et au niveau de la peau. Quand vous coupez le concombre en tranches, il ne faut donc pas le peler ou tout au moins juste enlever les zones poilues. Il convient en la matière de prendre des concombres Bio pour éviter la concentration de pesticides au niveau de la peau et de toutes les manières, bien les rincer.
De nombreuses personnes ne digèrent pas le concombre. On peut faciliter son  assimilation en le dégorgeant au sel. Il ne faut pas bien sûr le consommer glacé, mais à température ambiante.
On peut y rajouter des épices type cumin si la personne a une lenteur de digestion ou du « froid » dans l’estomac. Ensuite on n’a pas besoin d’en  prendre en grande quantité et surtout en la matière le mâcher encore et encore.
Et si malgré tout cela, vous ne le digérez pas, et bien, n’en  prenez plus. Il y a bien d’autres légumes intéressants dans la pharmacie du Bon Dieu.

Contre-indications

Il convient d’éviter d’en consommer quand on est en présence de glaire, de Tan de type froid, ou lorsque l’on ressent une lenteur de digestion liée à un état de froid au niveau de l’estomac. Cela peut alors déclencher des douleurs abdominales, de la diarrhée ou des vomissements.
Il ne faut pas en prendre juste avant ou pendant les règles surtout si le bas ventre est « froid » avec tendance aux règles douloureuses.

Conclusion

Une fois de plus nous nous trouvons devant un légume que l’on a tendance à oublier dans le panier de la ménagère.
Toutefois, on ne doit pas oublier d’appliquer la règle des neuf jours qui stipule que « l’on devrait changer neuf fois de légume en neuf jours » : on évitera que d’alicament, ce légume se retourne ainsi contre l’organisme.
Et surtout, il faut  réapprendre à mâcher encore et encore.
Alors le concombre pourra effectivement se retrouver régulièrement dans nos assiettes.

 

Médecine Traditionnelle Chinoise
www.jeanpelissier.com

One Response
  1. Article sympa
    je peux vous conseiller un top jus de concombre à faire à l’extracteur de jus avec 2 à 3 pommes pour un concombre entier, un régal pour cet été
    rempli de bienfait
    un bonheur en perspective
    🙂
    Alex

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