Pousseur de caddies ou consom’acteur ?

Devenir un Consom’acteur

« Je suis au supermarché et je pousse mon caddie, vais-je trouver un sens à ma vie devant les rayons débordants d’accessoires parfaitement inutiles et absolument indispensables. A quoi sert cette surabondance ?

Sur le parking de la zone commerciale, perdu au milieu de toutes ces voitures, je suis à la recherche du bonheur, je contemple les hommes qui remplissent leur coffre de voiture. Où est la beauté, la solidarité, la joie ? »

Les Trente Glorieuses ont été une révolution porteuse de changements économiques et sociaux majeurs, tirée à la fois par l’investissement et la consommation. Tout souriait à l’avenir, mais nous n’avons pas pris conscience que cette réussite était faite au détriment du pillage des ressources de la planète. Nous avons instauré une croyance où l’enrichissement est une règle du développement avec l’idée que les ressources sont illimitées.
On a fait croire à tous les habitants de la planète qu’en adoptant le modèle de la consommation occidentale, le bonheur serait au rendez-vous. Avec de telles pratiques, la société se dirige tout droit vers une impasse.

L’humanité doit s’interroger sur son rôle et sa pérennité. Il est urgent de prendre conscience de notre inconscience, de notre démesure écologique et sociétale. Avec la révolution industrielle, l’homme s’est désolidarisé de la nature. L’homme a de grandes aptitudes à produire des merveilles technologiques qui devraient produire du bonheur mais qui, en finalité engendrent de la disparité, de la misère.

L’idéologie est fondée sur la compétition. Au lieu d’apprendre à coopérer, on apprend à être le meilleur, nos enfants sont ensemencés d’angoisses car ils ont peur d’échouer et cela fait des adultes dans la dualité. L’être humain est aussi en catastrophe écologique.

La sobriété heureuse

Pour retrouver la joie et le bonheur, il faut pratiquer la sobriété heureuse. Cet art de vivre dans la modération, qui nous invite à discerner le nécessaire du superflu, le naturel de l’artificiel. Cette philosophie offre un retour aux bonheurs simples, authentiques et non transformés qui suffisent à servir la vie. Une promenade en forêt est un plaisir simple que tout le monde peut s’offrir.

Sans basculer dans l’extrémisme décroissant, il est bon de prendre exemple sur la sagesse antique d’Aristote.

« L’égal est intermédiaire entre l’excès et le défaut. (…)  J’appelle mesure ce qui ne comporte ni exagération, ni défaut. (…) Tout homme averti fuit l’excès et le défaut, recherche la bonne moyenne et lui donne la préférence, moyenne établie non relativement à l’objet mais par rapport à nous. De même toute connaissance remplit bien son office, à condition d’avoir les yeux sur une juste moyenne et de s’y référer pour ses actes. »

Eloge du juste milieu( La médiété) extrait du livre Ethique à Nicomaque.

 

Etre heureux en limitant ses besoins ? Une utopie ?

Limitons la consommation de biens matériels afin de ralentir la destruction des ressources naturelles. Le retour aux vraies richesses, la vie sociale et familiale, l’épanouissement personnel, la vie spirituelle, l’osmose avec la nature. Nous pouvons tous faire un geste en limitant notre consommation, réveillons le colibri qui sommeille en nous. L’écologie ne doit pas être un parti politique ou une méthode, c’est une conscience, un état d’esprit. La modération peut changer le monde à condition qu’elle révèle une transformation sincère de l’être humain. Quel est l’intérêt de manger bio, de se chauffer au solaire, de rouler en voiture écolo et d’exploiter son prochain ?

Responsabilisons notre consommation, donnons du sens à nos actes et nos achats

Cette modération est profitable à l’humanité, et a l’avantage de reposer sur une initiative individuelle. Elle permet de reprendre, en toute simplicité, le pouvoir et d’avoir une action directe sur son environnement. Notre force réside dans la politisation de nos actes d’achats.

  • Ai-je vraiment besoin de tel gadget ? D’où vient-il ? Est-il réparable ? Puis-je le trouver d’occasion ?
  • Modérez les achats en grande distribution.
  • Privilégiez les légumes et fruits de saison.
  • Encouragez les réseaux de distribution locaux, les circuits courts (Amap, fermier locaux, petits producteurs…).
  • Covoiturez dès que c’est possible, vous économiserez de l’argent, et vous vous enrichirez de nouvelles connaissances.
  • La colocation est également une source de découverte de soi et des autres.
  • Favorisez les échanges humains, retissez du lien, redonnez du sens à votre vie en reprenant le contrôle de votre consommation pour devenir un « consom’acteur ».

Michel et Clara Bertolotti

desirdetre.com

3 Responses
  1. Philippe GUILLET Répondre

    dans notre société moderne, beaucoup de gens agissent sans réfléchir aux conséquences , souvent guidés inconsciemment par des pub détournées de leur contexte initial .Si ces inconscients regarderaient moins la télé, leurs achats seraient moins compulsifs et plus sages et feraient plus appel à leur âme qu’à leur ego .

    • bertomic

      Bonjour Corrine,
      je suis l’auteur de cette phrase, ma dernière virée chez Carrefour a été ma source d’inspiration.
      Bonne fin de semaine à vous.

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