C’est d’abord une affaire humaine

Régulièrement j’organise des consultations individuelles en gestion du stress et des émotions. Comment dois-je me comporter au mieux pour la personne qui me livrera sa vie  et son cœur sur un plateau d’argent, tout au long de ces 2 heures hors du temps  ?

Mon action principale sera de transmettre une technique qui lui permettra de s’apaiser, qui l’aidera à se libérer des émotions trop lourdes à porter.
Mais est-ce vraiment  cette technique qui va tout changer ?

Non, la technique n’a pas d’importance.
C’est la relation qui est fondamentale.

Tout au long de ces 2 heures, un lien va se créer entre nous. Nous serons totalement présents l’un à l’autre, avec du temps pour une vraie rencontre humaine. En face l’un de l’autre, nous serons compréhensifs, disponibles, aimants, en compassion. Le lien créé sera habité d’amour ou ne sera pas.

Je sais, on préconise la neutralité. Un bureau bien large permettra la distance (Comme s’il fallait se protéger l’un de l’autre) et des diplômes au mur valoriseront mon parcours intellectuel (une logique de supériorité de celui qui « sait » sur celui qui ignore). Nous avons tous été confrontés à de grands spécialistes froids et pratiquant un langage obscur. On se sent inférieur, méprisé. Impossible d’être en confiance dans ces conditions.

Imposer la neutralité n’est pas cohérent, nous sommes tous assoiffés d’amour, de liens, de chaleur humaine. D’autant plus quand on va mal. Sans cela, pas d’amélioration possible.

Le lien qui va se créer entre nous lors de la consultation doit être habité d’amour. Il y aura de l’admiration, de l’émerveillement même pour celui qui veut sortir de l’impasse.
Pour que cela soit, le thérapeute, le coach, le médecin doit être au même niveau et même en dessous de son consultant. Il doit toujours être conscient qu’aujourd’hui il va bien et son patient va mal mais que demain, la situation peut se retourner. Humilité.

En me mettant au même niveau que l’autre, je lui signifie que je ne vaux pas plus, que je n’en sais pas plus. Que l’on va faire un petit bout de chemin ensemble et que l’on va trouver les solutions adéquates pour lui, pour moi, pour nous. Dans l’humanité, coeur à coeur.

Marie Bertolotti
desirdetre.com

Une illustration du sujet :

Un grammairien, un beau matin, débordant d’importance et de savoir sévère, se trouve assis dans la barcasse qui le mène où il veut aller, de l’autre côté du grand fleuve.
– As-tu étudié la grammaire ? dit le savant au batelier.
– Non Monsieur, répond le rameur.
– Alors la moitié de ta vie est bel et bien perdue, bonhomme, soupire l’autre, l’air hautain.

L’illétré se tait et rumine. Il est vexé mais n’en dit rien. Et voilà le bateau qui heurte un récif traître. La coque craque, l’eau afflue entre les pieds des voyageurs.
– Sais-tu nager ? dit le rameur.
– Hélas non, répond le savant.
– Eh bien, Monsieur le grammairien, ta vie toute entière est perdue. Que Dieu t’assiste, nous coulons.

Henri Gougaud, l’Almanach

3 Responses
  1. Avant toute chose le thérapeute doit être respectueux de la personne en face de lui et qu’il l’a mette en réelle confiance en sachant comment dire cette connaissance en plus chez lui !!!
    Bien sur la seule personne à réellement connaitre le patient et le patient lui-même et c’est ce que doit lui révéler le vrai bon thérapeute honnête qui a lui-même fait un travail sur lui pour être dans la paix, l’accueil, le respect, la tendresse, la douceur, l’ouverture, la compassion, l’aide sans influence pour finir par l’égalité de deux personnes qui auront marché côte à côte un certain laps de temps en s’en iront chacune de son côté par la suite !!!!
    Si le thérapeute n’est détenteur d’aucune science, alors pourquoi aller le consulter ???
    Si le thérapeute a des croyances qu’il tente par tous les moyens à faire admettre par son patient alors c’est lui qui a un énorme problème de complexes, de calculs, de manipulations car il est tout mesquinement petit et qu’il se cache derrière un titre qui ne veut rien dire sinon « pouvoir » sur des personnes en détresse !!!
    Et cela est de l’ordre du crime à châtier par de l’emprisonnement !!!!
    Et je sais de quoi je parle car j’en ai fait les frais tout au long du processus de deuil de ma maman disparue en 2005 des suites d’une longue et terrible maladie et qui est, avec les enfants, la personne que j’aime le plus au monde car la seule, avec les enfants, à me respecter telle que je suis !!!
    J’ai fait, après deux années de rythme infernal à peu manger et encore moins dormir, une attaque de panique du fait d’un réel épuisement général au sens médical du terme !!!
    MAIS comme je suis une femme libre et indépendante, très belle, libérée sexuellement et le plus grand génie que la terre ai jamais porté (je dis ça sans la moindre prétention, en tant que scientifique je pose un fait étudié et prouvé) de plus clamant haut et fort avoir été victime d’un pédophile à l’âge de 11 ans (il m’aura fallu 10 années pour commencer à en parler) eh bien j’ai été étiquetée de : dépressive (alors que ce sont les drogues avec les quelle ont m’a bourrée qui m’y ont menée par la suite), de névrosée (mais ben voyons ces cher freudiens secs et limités ne connaissent que cela) mais plus grave encore de schizophrène et œdipienne (évidemment il faut briser coûte que coûte une femme qui par le hasard de la génétique se trouve hériter de plus grands et plus convoités dons de la nature et qui « devraient » être l’apanage des « mâles » seuls) !!!!
    Eh oui, à moi seule je prouve que Darwin avait bien raison et que la nature, enfin, nous prépare la naissance d’une nouvelle espèce d’Hominidés plus méritante d’être sur terre que ce meurtrier et destructeur qu’est Sapiens Sapiens !!!!
    Alors chère Marie, il ne s’agit pas de « dorloter » vos patients mais bien de les faire évoluer vers la maturité de l’âge adulte et à les mettre face à leurs responsabilités d’hommes et de femmes face à leur destinée : ce sont nos choix qui dessinent notre chemin et je crois bien que c’est Lao Tseu qui disait que ce fameux chemin se construisait pas à pas 🙂
    Et je dirais que même alors que j’ai eu une enfance merveilleuse grâce à ma maman et une douce adolescence malgré l’horreur que nous vivions ici en Algérie avec le terrorisme, il n’y a rien de plus beau et de plus jouissif que l’âge adulte (et ce même si du fait de mon Hypersensibilité – la particularité neurobiologique et non la sensiblerie victimisante – je reste et demeure une éternelle adolescente dans mon rapport au monde c’est à dire que j’adore tout dans l’univers sauf bien sur le crime sous toutes ses formes particulièrement quand il est dirigé contre les enfants) !!!
    Soyez forte et lucide telle que vous êtes chère Marie et non comme la « maman » de substitution dont rêve vos patients car ce ne serait pas du tout leur rendre service 🙂
    Bonne soirée 🙂
    Bien à vous
    Yasmine d’Alger

Leave a Reply

Votre avis est le bienvenu